Me voici sur la mystérieuse île de Rapa Nui ou désignée sous le nom de l'île de Pâques, elle fait partie du territoire Chilien. Pourquoi ce nom ? Les premiers visiteurs européens y ont mis le pied le jour de Pâques 1722. Elle était le siège d'une ancienne civilisation qui y avait laissé, ici et là, des amas d'immenses sculptures en pierre appelées moais. On dénombre plus de 600 moais sur l'île dont certaines atteignent 10 mètres de hauteur. Dans leur état final d'origine, ils avaient les yeux blancs fait de coraux, l'iris peut être rouge (tuf volcanique). Certains portent une sorte de chapeaux (le pukas) fait à l'aide d'une roche friable et plus légère que le reste. Quelques mystères restent à éclaircir quant à leur déplacement du lieu de fabrication jusqu'aux différents sites ou sont dressé les moais.
L'île de Pâques est l'endroit le plus isolé de la planète. Elle se trouve à 3700 km des côtes chiliennes et à 4000 km de Tahiti, l'île habitée la plus proche étant Pitcairn à plus de 2000 km à l'ouest. Son chef-lieu est Hanga Roa, elle couvre 162,5 km² et compte environ 3400 habitants. C'est une sensation étrange que de se trouver à cet endroit de la planète !!
Le climat est tropical, à mon arrivée la température est de 28 degrés, le soleil cogne fort mais le vent qui souffle quasi constamment rafraîchit un peu l'atmosphère ! Je suis censé être attendu par Joseph à l'aéroport mais personne n'est là ! Tous les passagers sont partis et je me retrouve seul. Finalement après un quart d'heure Joseph, d'un pas lent mais sûr s'approche de moi, me souhaite la bienvenue "Lorana" et me met un collier de fleurs autour du coup... Je vais loger dans sa pension pendant 5 jours. Elle se trouve au centre de Honga Roa au milieu d'une superbe végétation. Honga Roa est la seule ville de l'île ou se concentre la quasi totalité de la population.
Je vais passer la première après-midi du samedi à découvrir les environs à pieds soit la ville et le premier site appelé Ahu Tahia. C'est le seul endroit ou se trouve un moais complet, avec son chapeau et ses yeux de coraux. La rue principale de la ville est bordée de petits restos, boutiques de souvenirs et agence de location de voitures. Quelques cavaliers animent la rue. Le cheval est encore un moyen de transport très utilisé sur l'île. C'est marrant de les voir attachés devant les magasins ou les bars !! Un autre monde...
Le deuxième jour, je me décide pour louer une moto et entamer la visite de l'île. La route longe la cote et mène aux différents sites aux noms de Hanga Poukara, Hanga Tee o Vaihu, Ahu Aka, Ahu Hanga Tenenga.... je vais vous épargner la suite... A chaque endroit on trouve des Moais, parfois debout sur leur plate-forme, parfois le nez dans l'herbe, parfois en cours de fabrication... Des vestiges de lieux sacrés sont aussi visibles.
Au retour du volcan Rano Raraku, un homme appuyé sur son 4x4 m'interpelle et me demande d'où je viens. C'est un habitant de l'île, un natif. Très sympa mais un peu saoul !! On papote un peu de sa vie, de la mienne. Il est là avec sa fille et son petit fils et passe le dimanche au volcan, y a pas grand chose à faire sur l'île selon lui!! Son nom est Napohe, il me dit qu'il est le dessinateur officiel de l'île !! Tous les motifs imprimés sur les différents habits ou tissus achetés dans les boutiques de souvenirs sont de lui. Il me propose une bière que j'accepte avec plaisir, le soleil cogne... A part le dessin il passe son temps à jouer de la musique, se promener et boire... il me propose d'ailleurs un rhum coca qu'il va me sert dans ma boite de bière... j'ai pas pu refuser... Puis, il me propose de l'accompagner à la pêche à un ou 2 kilomètres de là, je monte sur ma moto et le suis sur la cote !! Un bout de poulet accroché sur l'hameçon et le tour est joué. Après seulement quelques secondes le premier poisson est au bout du fil... les eaux du littoral sont réputées pour être très poissonneuses, ça se confirme... Il est temps pour moi de laisser Napohe à sa pêche et de continuer ma visite...
Le soir je me rends sur le site de Ahu Akivi pour le couché du soleil. Le ciel est dégagé et la lumière est magnifique, c'est le moment idéal pour faire quelques photos.
Le troisième jour, diane debout à 6h00 pour le levé du soleil au volcan Rano Kau. Je me retrouve seul au sommet, je peux profiter un maximum de cet instant. Un vent terrible remonte du cratère et me rentre dans les narines....
Vers 11h00 j'attaque l'est de l'île à pieds. De Honga Roa, je me dirige vers la plage d'Akena en suivant la cote. En chemin je rencontre un chilien d'une soixantaine d'années, Juan. Il est à la recherche d'une petite grotte qui est signalée sur la carte mais aucune indication sur le terrain n'indique l'endroit. Je décide de l'accompagner un bout. Nous demandons à des pêcheurs le chemin, ils nous y emmènent tranquillement sur le pont de leur 4x4. Une fois sur place, un trou de 1 mètre de diamètre dans la caillasse nous donne accès à la grotte. Il fait nuit noire, nous n'avons pas de lampe de poche mais nous décidons quand même d'entamer la descente... après une quinzaine de mètres dans le noir total (attention la tête...), de la lumière filtre, l'avance devient plus facile. Devant nous, l'océan est visible comme à travers une fenêtre, magnifique. Nous sommes dans la falaise à environ 20 mètres de haut et il n'y a aucune barrière. Après quelques photos, je laisse Juan et continue mon chemin vers la plage. Il fait chaud, très chaud, et je ne vois pas la fin !! A chaque colline je me dis que j'y arrive mais rien, une autre colline, des cailloux, de la poussière, un cheval mort.... Il me faudra environ 6 heures pour enfin l'atteindre! Je suis éreinté mais heureux, heureux de me jeter à l'eau à la seule plage de l'île!! Le retour sera plus facile, Joseph m'a proposé de venir me chercher !! Il est cool Joseph, il parle quelques mots de français et a le coeur sur la main.
Sur l'île il y a encore beaucoup de touristes malgré la fin de saison, ils viennent de partout, en majorité des allemands et des américains, ce n'est pas une surprise! Mais, c'est avec Arnaud, un valaisan, et Maria, une suédoise, que je vais manger la spécialité locale le Naka Naka (poisson) cru au lait de noix de coco, un vrai régal.
Au quatrième jour: Je loue une voiture pour remonter vers le volcan Rano Kau. Au sommet se trouve le village restauré mais non habité de Orongo. Les maisons, très basses, sont faites de pierres plates. De cet endroit la vue est magnifique et donne sur le cratère volcan et l'océan.
Le dernier jour, je vais encore une fois me lever à 6h00 pour me rendre sur le site de Ahu Tongariki ou 15 Moais se tiennent debout sur leur plate forme et ou, selon les habitants de l'île, il ne faut pas manquer le levé du soleil. Malheureusement le temps est un peu bouché et le spectacle n'a pas lieu... la dizaine de lève tôt rentrent bredouilles...
Il est temps de quitter l'île, mon vol pour Tahiti est prévu à 21h30 mais un problème technique retient l'avion à Santiago. Finalement nous partirons vers minuit et demi. Du coup, je manque la connection pour Auckland... La compagnie Lanchile me propose de rester 2 jours à Tahiti en attendant le prochain vol. Attente assez confortable dans un superbe hôtel 5 étoiles avec piscine, plage privée et tous les repas offerts... j'ai pas refusé la proposition...
A bientôt pour d'autres nouvelles du pays des All Blacks et des Kiwis...